1- Limiter la dépense énergétique d’où le choix d’un petit volume.
2- Trouver un mode de maintenance le plus naturel possible tout en assurant une efficacité compatible avec le maintien de SPS.
3- Travailler sur la sécurisation du système (dans ma présentation, j’ai relaté un certain nombre de galères que j’ai pu rencontrer depuis mes débuts).
4- Essayer de me contraindre à une rigueur (hygiène, suivi des paramètres, protection contre les polluants, choix des matériaux…). J’ai en effet commis un certain nombre d’erreurs dans ces domaines dans le passé.
5- Concernant l’agencement du bac, faire en sorte de laisser le maximum de volume d’eau tout en ménageant des cachettes.
6- Limiter au maximum la pollution visuelle liée aux appareils dans le bac. Bien entendu, plus le bac est petit, plus les pompes, chauffages, tuyaux...gâchent le paysage aquatique.
7- Et puis bien sûr se limiter au strict minimum en terme de population mobile de manière à préserver un confort acceptable pour les animaux.
Le bac : J’ai vu un jour, chez mon commerçant un petit bac que je trouvais sympathique et j’ai eu envie d’en faire un nano plus évolué que celui que je maintenais (c’était alors celui qui me sert maintenant de refuge et qui accueillait quelques boutures rescapées d’un crash). J’ai donc pris ce bac de 39 litres de marque Zolux avec la face avant bombée.
Je pensais d’abord en faire un Jaubert avec un décor installé sur la base d’une colonne centrale. J’avais bien avancé dans la conception quand, je ne sais plus très bien pourquoi, j’ai changé d’option. Le plus probable c’est que j’ai dû lire des récits d’expériences intéressantes à base de refuges à algues.
J’ai alors pris la décision de connecter un refuge à mon nano. Je suis retourné voir mon commerçant et je lui ai demandé s’il pouvait me percer la vitre du sol en son centre. Pour lui, c’était une opération de routine et il me restait à commander un passe-paroi, des raccords et du tuyau souple de diamètre 32.
Ne voulant pas encombrer l’espace déjà restreint avec une surverse, j’ai opté pour la solution illustrée sur le schéma. On voit que le refuge se trouve au-dessous du bac principal. Le tuyau d’alimentation du refuge décrit un coude vers le haut pour remonter au niveau de la surface de l’eau du nano. On se trouve alors avec un système de trop plein. Cette solution présente l’avantage d’être complètement invisible et silencieuse. Elle est par ailleurs totalement sécurisée à condition bien sûr de vérifier que le refuge ne déborde pas lorsque la pompe de retour est arrêtée. Il n'y a d'ailleurs pas de raison sauf si le tuyau de retour plonge dans le nano et qu'on n'a pas percé un petit trou en haut de ce tuyau. Une vanne a été prévue sur le haut du tube annelé : elle est toujours ouverte en grand et elle ne me sert que lorsque je veux sortir le tuyau pour qu’il se rince dans un seau. En effet, des sédiments ont tendance à s’accumuler au point bas du tuyau. Je ferme donc la vanne avant de déplacer le tuyau vers le seau. Je peux alors ré-ouvrir la vanne pour vidanger les sédiments.

La structure du décor: j'ai employé comme base des structures creuses que j'avais modelées il y a assez longtemps en argile blanche (cuite après séchage chez un fabricant de tuiles). Elles permettent de laisser le maximum de volume d'eau et de ménager de nombreuses cachettes:

Sur ces structures, j'ai posé directement certains coraux ainsi que des Aquaroches. J'ai complété avec deux pierres vivantes pesant environ 1Kg au total. Un à deux centimètres de sable (Dennerle Nano marinus sand) recouvre le sol entre les roches.
Le brassage: Depuis le début, j'ai un petit filtre fontaine accroché au bord arrière gauche (Hagen Hush 20 de 400 L/H). Il est garni seulement de JBL Micromec. Il permet de bien remuer la surface et il est complètement invisible.
Sur la droite, au fond, j'avais mis des pompes de brassage (Hydor nano puis Newa). Bonne efficacité mais visuellement elles manquaient de discrétion. Plus récemment, j'ai ressorti une vieille pompe universelle de 900L/H (Hydor Seltz) et je l'ai raccordée à l'extérieur du bac avec du tuyau 16/22mm. Elle aspire à gauche à côté du filtre fontaine et son rejet à droite est plus discret. Le brassage est complété par le circuit du refuge ainsi que par le circuit du refroidisseur en été.
Sur la photo, de gauche à droite: aspiration de la pompe extérieure, sonde du régulateur de température STC1000 dans son tube en verre, filtre fontaine surmonté d'un distributeur de nourriture surélevé (Fish Mate). Le tuyau isolé qui arrive sur le couvercle du filtre est le retour du refroidisseur. A droite, retour de la pompe de brassage avec petit tuyau d'amorçage, tube à air de la pompe de secours. En temps normal, sur le bord avant, je pose un écran qui limite l'éblouissement et cache le matériel du fond.

A noter que j'ai toujours couvert mes bacs. Vieille habitude tenace. Par ailleurs, l'installation se trouvant dans une petite pièce peu chauffée, le bac et le refuge sont bien isolés en hiver. J'ai même posé un double vitrage amovible sur la vitre frontale.
Le refuge:Il est d'une contenance d'environ 20 litres. Le sol est couvert d'une couche de Micromec. Outre la pompe de retour d'un débit de 400L/H, un brassage interne est assuré par une petite pompe Hydor nano.
Dans l'angle arrière gauche, on devine les deux capteurs de l'osmolateur. Sur le côté droit, on devine l'arrivée du tuyau de remise à niveau d'eau ainsi que des trois tuyaux du Balling.
Le refuge combine deux voies d'épuration par les algues: une grosse touffe de Chaetomorpha qu'il faut élaguer régulièrement (de 100 à 150 grammes d'algue égouttée par mois) plus un filtre à ruissellement alimenté par une petite pompe Newjet 320.

A gauche, on voit au premier plan le tube PVC de 32 venant du trop plein du nano. Au fond à gauche, on a les deux capteurs de niveau et à droite le support de l'ATS. Sinon, on a un gros plan sur la Chaetomorpha:

Pour la Chaetomorpha, pas d'installation particulière sauf un léger brassage. Le filtre à ruissellement, appelé ATS par les Américains (et les autres) a été construit en verre collé. En gros c'est une boîte ouverte en haut et en bas et tenue en bas par deux lames de verre. A l'intérieur, vers le haut, deux taquets en verre permettent de supporter le tube en PVC qui alimente en eau et tient la grille. Pour des raisons de simplicité et de bonne efficacité, j'ai acheté ce canevas spécial chez Santa Monica Filtration (Green Grabber disponible en différentes dimensions).

Vue de la grille avant le nettoyage:

L'éclairage: Après deux tubes T5 de 24W dans les débuts, le nano est éclairé depuis plus d'un an et demi par une lampe à leds que j'ai réalisée avec trois leds de 10W en blanc froid et trois leds de 10W en royal blue. J'ai deux circuits séparés de 30W chacun, un blanc et un bleu dimmables séparément. Actuellement, la puissance fournie par cette rampe est de 40W (environ 20W de blanc et 20W de bleu).
Le refuge est éclairé par trois lampes leds de 5W chacune et de 6000k achetées en grande surface (marque Vision-El). Le filtre à ruissellement est éclairé du côté externe par une lampe semblable mais de 6W et 3200k. Ce genre d'éclairage constitue une solution économique sauf que les culots GU10 coûtent presque aussi cher que la lampe.
Efficacité du système:L'épuration par les algues suffit à elle seule à maintenir un taux bas de nutriments si on parle des NO3 et PO4. Je ne sais pas ce qu'il en est pour le carbone organique dissous. Outre les résultats de l'analyse, je constate que je ne déplore pas pour l'instant d'invasion d'algues ou autres organismes indésirables (filamenteuses, Bryopsis, cyanos, dinos, diatomées...). Seule une petite colonie de Valonia végète dans le nano depuis le début sans se développer. Il est à remarquer que sur la grille de l'ATS ce sont des algues qui ressemblent à Derbesia, ce qui me laisse penser que les deux modes d'épuration par les algues sont complémentaires. Autrement dit, je ne suis pas sûr que seule la Chaetomorpha puisse garantir totalement contre les invasions de filamenteuses.
A noter qu'il faut éviter d'introduire de la Chaetomorpha dans le bac principal (gêne les coraux).
J'ai effectué une analyse ATI il y a quelques mois au terme d'un mois sans changement d'eau. Le taux de PO4 était de 0.03ppm. Seule recommandation: remonter le taux de potassium (on peut supposer qu'il est consommé par les algues en quantité importante). Quant aux NO3, le test Salifert me donne toujours 0.
Je n'ai jamais utilisé sur ce système ni charbon, ni résines, ni zéolithes...
Ca, Kh et autres: Le maintien de SPS m'a obligé à apporter des éléments sous forme de Balling. J'ai trois pompes doseuses "no name" commandées par des horloges digitales réglables à la minute (grande surface de bricolage). Pour le moment, pas de problème de fiabilité, mais je ne peux distribuer les liquides que par minute entière.
Pratiquement, je distribue 35 à 40ml par jour de trois solutions: Ca+Mg (respectivement100g et 30g par litre), Bicarbonate et carbonate de sodium (85g et 15g par litre) et Sel sans NaCl (33g par litre). A noter que pour ces deux dernières solutions, je suis au-delà du seuil de dissolution, ce qui n'est pas l'idéal. Dans les deux premières bouteilles, je rajoute les oligos Tridacna à raison de 6ml par litre.
Vues du bac depuis le début jusqu'à maintenant:
Désolé pour le nettoyage de la vitre, mais pas facile avec une vitre bombée et les coraux qui arrivent tout près!





Population: Outre divers SPS, le bac héberge une colonie d'Heliopora coerulea (à droite à mi-hauteur), des escargots des genres Turbo et Euplica, une crevette Lysmata debelius, une Demoiselle bleue à ventre jaune. Ce dernier choix n'est pas forcément judicieux bien que ce poisson ne montre pas pour le moment de signes d'inconfort. Il ne se montre d'ailleurs pas souvent, sauf aux repas. A revoir lors d'un changement de bac.
Surveillance et système de secours: Pour l'osmolation, j'utilise deux flotteurs légèrement décalés en hauteur ce qui apporte une sécurité si l'un des deux est bloqué (déjà arrivé avec un petit escargot). Les flotteurs sont enfermés dans des petites boîtes en plastique fermées en bas par de la mousse et du voile nylon.
Caméra wifi: elle est orientale, elle dispose d'une vision nocturne et permet d'avoir une vue générale ainsi que des affichages des thermomètres (pièce et bac).



Intérêt de cette caméra: elle est utile si on n'est pas parti très loin (week-end ou vacances dans la région) ou si on peut demander à une personne compétente de passer.
Le système de secours est alimenté par une batterie d'auto et il se déclenche en cas de coupure du réseau:

Un chargeur maintient la batterie constamment chargée. Un relais (contacteur sur le schéma) avec une bobine 220 volts garde le contact ouvert tant qu'il y a du courant. En cas de coupure, le contact se ferme et enclenche un convertisseur 12V-220V. Cet appareil peut alimenter une résistance de chauffage, une pompe à air ou encore une pompe de brassage. Je fais l'impasse sur l'éclairage.
A gauche, le relais, au fond le chargeur posé sur le convertisseur et la batterie devant:

Vue côté bac: batterie à gauche, derrière, le convertisseur avec le départ du courant de secours:

Pour ne pas surcharger, je décris là le système de secours de base. Je l'ai un peu complété par la suite, ce qui me permet à la fois d'alimenter la pompe de reprise du refuge et l'une des deux résistances du système (au lieu de devoir mettre une résistance supplémentaire pour le secours). La pompe à air reste par contre en secours. Je n'ai pas testé l'autonomie. Elle dépend en grande partie de la température car pour le reste, la consommation est minime.
La réfrigération:Le contrôleur STC1000 me permet de déclencher un système de refroidissement en cas de hausse de la température au-delà de 27°. Le sujet n'étant pas trop de saison
, j'y reviendrai.L'entretien:Depuis le début, je change 20 litres d'eau en une fois chaque mois. J'utilise non pas de l'eau osmosée mais de l'eau de source en bouteilles. Je trouve pour cela en grande surface une eau de source locale qui affiche 0 nitrate. Sel: Reef Crystals, Red sea ou Tetra marine salt.
Voilà pour cette présentation déjà bien longue. Il me reste des choses à améliorer: le pilotage des leds pour ménager des transitions, le pilotage des pompes de Balling pour avoir plus de souplesse et surtout la reprise complète de l'installation électrique pour avoir quelque chose de net et de plus sécurisé.



Une description très complète et intéressante. J'attends la suite.

et avec de chouettes résultats !
















